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Afin de permettre à chacun(e) d'échapper de façon durable à un manipulateur, la psychothérapie poursuit les objectifs suivants :
- développer son intériorité ;
- développer une atttitude mentale créatrice ;
- apprendre à écouter son corps, ses sensations, ses émotions ;
- développer l'affirmation de soi (apprendre à dire non, à gérer un conflit,
à répondre à une parole dévalorisante) ;
- tenter de sortir de l'isolement ;
- développer ses rêves.
La psychothérapie utilise la parole et le ressenti afin de permettre au patient de reconstruire son histoire, son identité, et de recréer de nouvelles possibilités de devenir soi. Cette démarche s’appuie sur ce que j’appelle le narcissisme créateur, car l’activité créatrice développée en psychothérapie au travers de l’expression verbale et de l’imaginaire (écriture, peinture, dessin, modelage, relaxation, visualisation en rêve éveillé…) permet de restaurer l’estime et l’image de soi abîmées au cours des expériences passées récentes ou lointaines.
Le travail thérapeutique analyse la relation aux autres, au thérapeute, afin de comprendre quel type de conflit se joue et quelles solutions peuvent être inventées pour la personne. L’ouverture au ressenti permet l’expression créatrice. Quant à l’analyse des conflits relationnels, elle permet de libérer de nouvelles potentialités de réalisation de soi et transforme le symptôme amené en thérapie dans le sens d’une plus grande autonomie et d’une plus grande capacité à s'affirmer et à inventer sa vie. Le manque d’estime de soi et d’identité a en effet pu entraîner dans des relations de dépendance, des relations tyranniques (cf. notre ouvrage sur « Les violences du pouvoir »).
Je pense que c’est le support de la sensibilité et de l’imagination retrouvée qui peut permettre de sortir des impasses relationnelles et des impasses de symptômes invalidants liés à des abus de pouvoir passés de relations envahissantes, non soutenantes ou tyranniques. Ces impasses sont présentes dans beaucoup de problèmes d’estime de soi allant des psychoses aux états borderline, amenant des symptômes variés comme les dépendances (affectives ou à un produit), les phobies, les toc, les symptômes psychosomatiques (ulcères, colites,allergies,épilepsie), les délires.
Leur enjeu tourne alors surtout autour de la honte, du déni de soi (auto-dévalorisation, culpabilisation…), de la peur de l’abandon, car la personne a été confrontée dans son passé à un manque de désir de l’autre et/ou un excès d’autorité. Le manque de désir entre les parents ou un deuil non résolu chez la mère ont pu entraîner par exemple une relation de dépendance mère enfant où l’enfant ne peut exprimer son ressenti, est dévalorisé s’il le fait, et, en conséquence, perd l’estime de soi, la confiance en soi. Il se sent trop responsable des autres et surtout de sa mère, n’ose pas exprimer sa colère et s’affirmer.
Le travail de la personne sur sa relation à l’autre va l’amener à élaborer le deuil non fait de sa mère, à ressentir la tristesse et la colère, à réduire ainsi sa culpabilité, sa honte d’exister, son manque de confiance et d’estime de lui. Se dévalorisant moins, la personne idéalisera moins les autres et sera moins sujette à la déception, au retrait. Elle pourra ainsi se libérer de la dépendance maternelle ou d’une autre relation de dépendance.
L’expression créatrice permet la découverte d’un autre état de conscience que la pensée rationnelle, postulant l’accès à une nouvelle dimension de l’imaginaire. Cette conscience de son être véritable permet à la personne d’avoir accès à son ressenti sensible. Le thérapeute favorise ce ressenti en encourageant chez son patient la perception de ses émotions et de ses sensations dans la dynamique d’un mouvement créateur, l’expression de sons, le rêve éveillé…
Grâce à ces « suppléances » , la personne s’acceptera mieux physiquement et émotionnellement. Acceptant mieux son être authentique, elle découvrira sa capacité à être présente, à vivre dans le présent, à être seule. Elle pourra élaborer son projet de vie et donner un fondement au rêve de sa vie.
La place particulière de la sophrologie et de l'haptonomie dans l'approche thérapeutique des dépendances liées aux abus de pouvoir
La sophrologie est une thérapie psychocorporelle qui utilise le mouvement en position debout ou allongée et qui vise à se mettre à l’écoute de son ressenti, à découvrir ses tensions, ses sensations, ses émotions. La sophrologie aide au lâcher-prise, à la libération émotionnelle, à accéder à une détente profonde. Elle permet de mieux découvrir son schéma corporel, son unité psychocorporelle. Elle utilise également la visualisation en permettant au patient de voyager dans le passé, le présent, le futur, de rencontrer ses êtres chers, ses lieux de ressourcement, en voyageant dans l’univers… Elle aide à positiver son vécu présent, son passé et son futur. Elle permet d’améliorer l’image de soi, de son corps, l’estime de soi, la confiance en soi. Elle aide à gérer le stress, l’anxiété, l’angoisse, la dépression. Elle reconstruit l’identité et aide à mieux s’affirmer dans la relation à l’autre. Le travail corporel est suivi d’un temps de verbalisation et d’échange qui permet de parler de soi, de son ressenti, de ses attentes et de ses difficultés afin de les résoudre.
L’haptonomie est également une thérapie psychocorporelle. Elle est basée sur la relation établie dans un massage unifiant le corps sauf la région sexuelle. Le toucher et l’échange qui suit permettent de mieux prendre contact avec son ressenti, ses zones de tensions, ses sensations, ses émotions afin de les libérer et d’atteindre une détente profonde. L’haptonomie améliore l’image de soi, la confiance en soi, l’estime de soi, aide à gérer le stress, à réduire la dépression. Elle consolide le sentiment d’identité et d’unité psychocorporelle de manière à mieux s’affirmer dans la relation avec les autres.
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